Grottenbier
Grottenbier, la bière des grottes, ça promet de la grosse rotade à priori ! C'est une bière que je n'ai vu qu'une seule fois en boutique, que j'ai achetée par curiosité voici au moins 6 mois, et que je n'ai plus jamais revue depuis. Et pourtant, son origine est synonyme de qualité puisqu'elle vient de la brasserie Saint Bernard près de Poperinge, dans ce beau coin à l'occident de la Flandre occidentale qui compte les doux noms évocateurs de Westvleteren, Saint Bernardus, Watou, Hommel, Kapitel ...

Alors dés le versage, une excellente odeur m’emplit le nez, une odeur qui rappelle tant de souvenirs mais que je ne sus retrouver. Une odeur fruité tellement célèbre au fond de ma mémoire, celle des temps jadis qui ne veut réapparaitre, celle dont on se dit "mais bordel c'est quoi ça déjà" ! Celle qui nous fait réfléchir profondément sans succès, dont on se dit que tant pis, on goutte quand même et on finira bien par retrouver, mais que finalement on a pas envie de goutter tant qu'on a pas retrouver de quoi il s'agit. Ce genre d'odeur qui bloque une dégustation avant même qu'elle n'ait commencée. Cette odeur qui nous fait lire la liste des ingrédients sans qu'aucun n'indice n'en ressorte. Cette odeur que d'un coup on retrouve en se disant que putain, que on est trop con, que évidement c'est l'odeur du cidre brut qui peuple ma Normandie et que comment j'ai pu oublier ça alors que c'est viscéralement intégré de façon interne à mon organisme, et que bon, du coup, j'en déduit que cette bière à la forte odeur de cidre utilise probablement des levures similaires.

Et ce soulagement fait tellement de bien que je monte le son et que je bois une lampée avec un grand sourire de satisfaction cachant difficilement une fatigue mentale bien présente. Bon alors la couleur ne trompe personne sur la brunasserie de cette bière, et l'impénétrabilité de la lumière en dit long sur le rapport avec les grottes. C'était donc ça, c'est une bière aussi sombre et opaque qu'une grotte. La mousse est extraordinaire d'onctuosité et de douceur, presque comme celle d'une Guinness, une mousse qui a du goût et qui décuple le plaisir d'y tremper ses lèvres. Et ensuite les saveurs habituelles d'une bière brune arrivent, mais pas si forte que ça, ni en alcool avec ses 6,5 %, ni en goût car une véritable douceur emplie la cavité buccale, accompagnée du saupoudrement bienvenu d'une légère amertume. Lorsqu'on la déglutie, c'est une dominante de saveur sucrée qui s'écoule accompagnée de quelques épices, de son malt torréfié et d'autres douceurs dont la brassiculture a le secret. En fait, je trouve que son faible taux d'alcool laisse la place à d'autres saveurs relevant la qualité du goût de cette Grottenbier. Au goût les notes de cidre ce font plus discrète et semblent se muer en discrète notes de Calvados, l'aclool en moins et avec un corps bien plus chargé, naturellement, à moins que vous ne buviez le Calvados par pleines gorgées...
Ma note : 8,5/10
Bonne odeur, bonne mousse, bon goût, bon équilibre, mais couleur et transparence inexistante, et je ne vous raconte pas le carnage lorsque j'ai versé les levures peu avant la fin du verre. Bref, un carton presque plein pour la bière des grottes, et une excellente surprise à la clef. Si vous la voyez quelque part, choppez la sans hésiter avant qu'elle ne retourne se cacher dans sa ... grotte ! Car tel un ours en hibernation (et aussi telle la bière des ours de Binche difficile à trouver par chez moué) cette rencontre risque fort de ne pas se reproduire de sitôt !