Engelszell Nivard
Putain, Untappd a tué la bonne vieille review Booyesque en fait, ça craint du bon grain tout ça, et d'orge s'il vous plait.
Je m'en vais dépoussiérer ce forum à l'aide d'une fraiche blonde de la récente abbaye officiellement Trappiste d'Autriche, la Engelszell Nivard.

Alors évidement, quand on voit l'étiquette banche de cette bière, on se dit que c'est une blanche et que La Trappe Witte n'a qu'a bien se tenir. Que neni, c'est une pure blonde de fermentation haute comme bien d'autres. Sauf que celle-ci, depuis son épaisse mousse jusqu'au fond du calice, dégage de grandes odeurs de céréales bien dorés, de tempérament maitrisé et de puissance toute monastique ! D'autant plus que la troubleté de sa robe n'est pas pour rassurer l’œil quant à sa légèreté et sa filtration, ce qui n'est vraiment pas un problème pour certains amateurs (comme moi).
Et effectivement, ce n'est pas sans satisfaction que je me mis à déguster ce breuvage me rappelant furieusement l'Orval de part son côté épicé, l'Hommel par son léger houblonnage maitrisé et une multitude de Triples de part son attaque franche, claire, nette et sans bavure. En fait, elle me rappelle totalement la Westvleteren 6 avec peut-être un poil plus d'épices. Bref, on semble plutôt voyager du côté Belge de la frontière Allemande que du côté Autrichien, bien que l'élégance et la droiture du résultat de cette recette me rappelle instantanément la force et l'ordre germanique, comparé à l'aspect souvent "brouillon" des bières Belges pures souches. Je m'explique : ce produit est puissant dans sa saveur, docile pour ses senteurs, et droit dans ses bottes en cuir car même en se réchauffant, cette bière ne-bouge-pas !!!
Ma note : 8/10
Bien sur, certaines mauvaises langues diront qu'on l'a déjà bue et qu'elle n'était pas non plus si bonne à rendre alcoolique un islamiste intégriste ! Mais je rappellerais à ces deux Chacals les conditions douteuses de cette première confrontation, puisqu'on était à Wazemme un dimanche matin, bourré de la veille, lors du carnage post-marché, zigzaguant péniblement entre les manouches qui s'insultent et les cassos qui ramassent des poireaux invendus piétinés depuis plusieurs heures par une foule de pauvres gens marchant souvent pieds-nus... Bref, on avait l'impression de boire une heineken chaude, d'autant plus que comme expliqué plus haut, on s'attendait à une blanche, et qu'elle avait le goût d'une spéciale. Qu'à cela ne tienne, je pense avoir redoré le blason de cette Trappiste forte intéressante, et c'est tout à son honneur.