Booyah   🍺    17/12/2013

Voici venu le tour d'une petite bière française, la Trompe Souris, et sa cuvée spéciale 10 ans destinée à célébrer le dixième anniversaire de cette brasserie située près de Nantes. Elle tient son nom d'un vieux moulin en ruine, celui là même qui est représenté sur l'étiquette.

Comme indiqué sur la bouteille, c'est une bière dorée, sa couleur est effectivement remarquablement belle, parée d'un superbe jaune or profond et parfaitement limpide. L'envie d'y gouter ne s'en trouve que décuplée. D'autant que cette Trompe Souris dégage un bouquet extraordinaire semblant issu des meilleurs malt délicatement assaisonné à de belles et fines fleures de houblons. Au premier abord, le mélange parait franchement réussi.

Trompe Souris

Et c'est une bière très ronde qui coule dans la bouche, libérant des arômes épais et puissants, une bière qui respecte tous les standards en les sublimant quelque peu. Des notes végétales très présentes donnent une sensation de boire un grand verre de nature, de se promener dans les bois fraichement arrosés d'une récente averse automnale. Il semble y avoir du chanvre ou de l'ortie, mais la liste des ingrédients indique plutôt du gingembre et de la coriandre. Les quelques bières au gingembre que j'ai déjà goutté me laissant un assez mauvais souvenir, j'en conclu que cette trompe souris fut saupoudrée avec plus de parcimonie que les vulgaires Ale anglaise au ginger. Quant à la coriandre, elle lui confère cette puissance qui la rapproche de la Chouffe blonde, elle aussi aromatisée de cet épice. Par expérience, je sais que nombre de ces bières aromatisées présentent une fin de bouche rapide et aigre. Ce n'est pas le cas ici, et on peut tout à fait rester quelques minutes à conserver les saveurs qui s'assèchent en fond de bouche sans pour autant en être dégouté.

Même si son nom ressemble à celui de la Rince cochon, la Trompe Souris n'a aucun rapport, moins florale, elle n'en dégage pas moins de délicieux et complexes arômes paraissant moins artificiels. C'est la nature dans ses plus pures saveurs qui se révèle en buvant cette bière, sans que cela ne soit trop violent, trop agressif ni écœurant. C'est une bonne bière qui propulse un caractère bien à elle, complètement assumé tant il est réussi, et pourtant très différent de ce que l'on connait dans le nord de la France ou en Belgique.

La simplicité avec laquelle on boit cette Trompe Souris contraste avec la force qu'elle impose et qui se répand avec bonheur dans toute la cavité buccale. Les bulles fines, alliées à sa grande fraicheur, qui éclatent ensemble en entrée de bouche se transforment dynamiquement en léger piquant, en délicate attaque de la langue, et en une montée de parfums exotiques dégoulinant ensuite vers le fond de la gorge en se mutant de nouveau vers cette piquante fraicheur jusqu'au fin fond de la trachée, là même où les poumons peuvent ressentir un doux et enivrant frisson. C'est tout le corps dans son entièreté qui réagit à chaque gorgée ingurgitée de cette cuvée spéciale 10 ans de la Trompe Souris.

Ma note : 8/10

Il est intéressant de constater à quel point cette bière sait accumuler les particularités gustatives à son avantage sans pour autant devenir la valeur incontournable qu'elle pourrait tout de même mériter d'être. Oui, cette bière est excellente, originale, rassurante même dans sa maitrise des éléments naturels imposée par le processus de fermentation, c'est une bonne surprise et même une bonne brasserie, et pourtant, malgré tout le bien que je pense d'elle, je me dit que cette bonne expérience ne doit pas être renouvelée trop souvent. Ce n'est pas la puissance ni le goût que j'aime le plus, que j'ai envie de boire aussi souvent que possible, c'est simplement quelque chose dont j'ai envie de temps en temps. Cette bière est parfaite dans un genre compliqué à brasser, je lui tire mon chapeau, mais ce n'est pas ce genre que j'affectionne le plus. Pour autant, je salut sa grande valeur.

Booyah   🍺    16/12/2013

Comme c'est de saison en cette fin d'année, voici une bière de noël, La Rulles cuvée meilleurs voeux.

Outre son étiquette arborant un père noël totalement malsain semblant demander aux petits enfants de bien vouloir venir goutter sa bi...ère, La Rulles de noël reste une bière artisanale, avec le caractère classique de ce type de bière, tout en ajoutant un goût fort épicé, plutôt poivré, semblant se rapprocher d'un Orval mais avec beaucoup moins de subtilité dans son amertume et de classe dans sa coloration.

Et pourtant, elle n'est pas non plus trop lourde ni écœurante. Elle présente même quelques intérêts à être goutée tant elle frôle sans vergogne la limite de l’excès dans de nombreux aspects, piquant, amertume, déglutition, dessèchement, tant et si bien que même sa bonne longueur en bouche n'apporte pas vraiment de plaisir particulier. Son côté sucré typique d'une bière de noël devient même une curiosité contrastant avec la dureté globale que dégage cette Rulles.

Ma note : 6/10

Cette bière est buvable, c'est déjà ça, originale dans son résultat tout en restant relativement classique dans son élaboration. Je n'ai vraiment aucune raison d'être méchant avec elle, et pourtant elle ne me donne pas plus envie que ça de rempiler pour un godet. C'est un bon produit mais sans charme, sans ce petit quelque chose qui en ferait un excellent produit. Je n'ai rien d'autre à ajouter !

Rulles Meilleurs Voeux

Ah si, j'ajoute que pour une fois, c'est Pépito qui m'a demandé de ne pas lui mettre une trop mauvaise note. Comme quoi, qui c'est celui qui surnote ? Hein ???

Booyah   🍺    06/12/2013

Après la rouge et blanc française, voici la Pays blanc belge, puisque rendant hommage à la région d'Antoing, au sud-est de Tournai dans le Hainaut et dont on se doute un peu qu'elle est brassé par le maitre des lieux, je veux bien sur parler de la brasserie Brunehaut.
A noter que la création de cette bière est l'initiative du self drink de Bruyelle, alias Deffontaine, concurrent des Deforest et autre Delneste situés dans les environs. Faut il avoir un nom en "De..." pour s'installer comme beer seller dans le Tournaisis, là est la grande question.

Pays Blanc

La bière est blonde/cuivrée, légèrement troublée, la mousse très blanche est compacte mais ne se concentre qu'en une faible épaisseur et l’odeur délicate émet un doux parfum de fleur de houblon. Elle est très douce en bouche, les bulles ne présentent absolument aucune agressivité, de grande gorgées s'avalent très facilement en dégageant un fruité fort agréable bien que la longueur en bouche soit assez faible en se terminant sur une courte note d'amertume.

C'est une bière plutôt sèche, sans aucune sensation sucrée, sans réelle pétillance, mais relativement bien équilibrée car sans dominance trop prononcée d'amer, de sucre, de lourdeur ou de gaz. En bref, il est difficile de s'en écœurer, ce qui en ferait probablement une bière parfaite pour les longues soirées belges occasionnelles sans pour autant négliger un certain caractère.

J'ai presque envie de dire qu'elle est à cheval entre une blonde légère et une blanche non filtrée saupoudrée d'un soupçon de houblon et renforcée par un peu d'alcool afin de lui faire atteindre les 8% syndicaux de toute bière spéciale triple qui se respecte.

Ma note : 7/10

Sans être une surprise phénoménale, cette bière du pays blanc d'Antoing est une sorte de classique améliorée, de "déjà bu" agrémenté, de valeurs sûre qui plaira au plus grand nombre tout en mettant en avant sa pointe d'originalité. Un excellent compromis réunissant tout ce que la Belgique sait faire de mieux au niveau des bières blondes triples. Mais ce n'est pas pour autant un incontournable sur lequel il faut se précipiter. Cependant, si vous avez l'occasion de vous la procurer, gouttez la l'esprit tranquille.

Finalement son seul défaut vient de cette étiquette avec son médaillon qui ressemble furieusement à un golden cookie sur lequel j'ai toujours envie de cliquer. Il était temps que je la boive !!!

Booyah   🍺    20/11/2013

Il y a fort longtemps, j'avais acheté un verre, dans les fins de série bradées du Pont de France, d'une bière que je ne connaissais absolument pas. Hé bien j'ai enfin trouvé la bière qui lui correspond : la Whitbread

En fait, il s'agit d'une de ces bières discrètement diffusées par InBev comme la Bass, la Ginder ale, ou la fameuse Vieux temps. Pour faire bref, je m'attend à une petite bière anglo-belge brassée en Anglo-Belgique pour les anglais, les belges, et personne d'autre. En tout cas, pas vraiment pour le marché français.

Whitbread au Pont de France

Elle commence bizarrement par dégager une odeur de terrine avariée, et ça je m'y connais, mais elle se rattrape par une couleur très belle, orange-ambrée, et d'une limpidité parfaite. La mousse fait de nouveau des siennes en prenant des formes étranges, ça doit être du à la période de basse pression ou de l’alternance rapide du temps sec et tempéré (selon les météorologues professionnels de la bière). Mais celle ci retombe assez rapidement. Après quelques minutes, l'odeur change et devient un peu plus florale, plus médicinale, tandis que sa couleur reste toujours aussi pure et profonde pour mon plus grand bonheur.

A la dégustation, une certaine lourdeur prend le dessus avant de libérer une amertume bien présente. Les bulles sont très douce, ce qui contraste avec la puissance de son goût à la déglutition. La garder en bouche ne fait qu'accentuer l'amertume en faisant toutefois pointer un bouquet de saveurs un peu trop étouffées se rapprochant vaguement du sirop d'érable.

Ma note : 6/10

C'est meilleur que la Vieux temps mais ce n'est pas non plus d'une finesse et d'une qualité extraordinaire. Certes, je m'attendais un peu à pire, il se passe quand même quelque chose d’intéressant, c'est déjà bien, mais c'est pas non plus la bière du siècle.

Booyah   🍺    18/11/2013

Lors d'une traversée de cette belle région viticole qu'est la Champagne, j'ai dégoté une petite bière locale, la Rouge & Blanc.

Elle commence par dégager au nez des notes très florales, se rapprochant de la Karmeliet, affichant une mousse tout aussi épaisse et libérant tant de bulles que l'effervescence dans le verre me fait vraiment penser à du Champagne.
La couleur est d'un blond foncé, un peu mat, mais tout de même bien limpide.
Cette bière semble d'autant plus prometteuse que sa mousse semble dessiner une sorte de véritable vulve à son sommet, c'est vous dire si elle sait se rendre désirable, la garce !

Belle vulve de mousse

Mais comme c'est encore en bouche qu'une bière est la meilleur, je procède de suite à la dégustation, et je me rend très vite compte de l'incroyable facilité avec laquelle cette Rouge & Blanc se laisse boire. C'est un divin liquide qui glisse dans la bouche puis la gorge. Un léger goût d'ambrée complètement maitrisé, une légèreté extraordinaire comparé au goût assez puissant qu'elle délivre, des bulles fines et chatouilleuses, le gaz n'agresse pas, l'alcool est discret (5,7%), le plaisir est total !

J'ignore si c'est de l'avoir laisser vieillir un an avant de la boire qui la rend aussi bonne, mais en tout cas, ce n'est pas une simple bière artisanale issue d'un terroir désintéressé, c'est vraiment une bière que je trouve parfaite par son équilibre, sa saveur bien dosée, sans excès, par l'envie qu'elle procure d'en boire une nouvelle gorgée à se point qu'elle en devient franchement addictive.

Je suis le premier surpris de la découverte inopinée de cette bière qui semble être mon idéal, chose toute personnel bien sur, mais qui va m'obliger une nouvelle fois à faire un arrêt lors de mon prochain passage à Vitry-le-François. Car c'est aussi là que j'avais trouvé la Valmy, objet de ma 4ème review, dont je n'ai, par contre, que peu de souvenirs.

Il n’empêche que cette bière rassemble énormément de qualités dans ce qui n'est plus une dégustation mais un quasi orgasme culinaire d'une douceur parfaite, d'un caractère assumé, d'une complexe perfection, qui ne mérite que d'être à nouveau apprécié à sa juste valeurs, mais dont la retrouver en boutique risque de rester longtemps un pur fantasme.

Cette Rouge & Blanc, c'est du désir, de la couleur, de l'onctuosité, du bonheur à l'état le plus assumé, je pense qu'elle devrait plutôt s’appeler "le rouge et le noir". C'est une bière de funambule, situé exactement entre la pils désaltérante et la spéciale fruité, entre la domination du houblon et la force du malt, entre la triste neutralité et la surdose de goût. En un mot, j'aime !

Ma note : 9/10

J'ai trouvé mon idéal. Après tant d'années de recherches et de tâtonnements, après avoir accumulé les dégustations aux 4 coins de notre vieille Europe, il me semble que ça y est. J'ai trouvé ma bière qui va bien. Contraste saisissant après une bonne grosse journée de merde, mais qui se finit en apothéose. Dieu existe, et il est bière, c'est pour cela que les moines le lui rendent aussi bien depuis deux millénaires.

Cependant, car il y a un cependant, cette bière aussi bonne soit elle n'est qu'une bière de supporter, elle est destiné aux fan du stade de Reims, l'équipe de foot au glorieux passé que l'on sait, et qui porte un maillot rouge et blanc, comme Valenciennes FC, Rouen FC, Lille OSC, etcétéra etcétéra hein, on va paaas hein, bon. Certes que des villes qui ont connu la peur de croiser Booyah dans un bar ou la Trash Saxo au détour d'une rocade, mais c'est une bière de footeux quand même.

Voilà, c'était juste mon excuse pour ne pas lui mettre 10 comme elle le mérite pour moi seul, car sinon vous m'auriez encore traité, vous, que nulle review digne de ce nom n'avez le tact et la patience de produire. Allez, mouillez l'maillot les gars !!!

Rouge & Blanc

Booyah   🍺    07/11/2013

Je ne sais pas si vous connaissez la Pilaarbijter de la brasserie Bavik, mais en tout cas j'en ai dégottée une chez notre ami Maître Georges pour 1,00 € en raison de sa péremption avancée.
Hé bien on va bien voir si sa "best before date" du 22 juillet 2011 lui a laissé un bon goût ... ou pas !
Bien sur, 1 euros pour une bière périmée, les belges vont crier au scandale, mais en France c'est une affaire en or.

Pilaarbijter

Bon, dés le début ça sent la grosse brune flamande bien lourde et goutue à plein nez. Et même pas besoin de se concentrer. La couleur bien marron laisse apparaitre une bière assez limpide et transparente malgré son grand age. C'est déjà rassurant.

Un goût de caramel envahi la bouche, sans pourtant qu'aucune sensation de sucre n'aille de paire. Ceux ci ont du être complètement consommé lors du vieillissement, car en plus de l'absence de goût sucré dont on pourrait s'attendre avec une pareille bière, l'alcool semble être un peu plus fort que les 6,5 % revendiqués.

La mousse très épaisse au versage, qui toutefois diminue rapidement, laisse place à une pétillance distinguée, agressive ni en bouche, ni à la déglutition. Quelques épices viennent saupoudrer le tout afin d'offrir une bière équilibrée, facile à boire et finalement plutôt légère.

Ma note : 7,5

Une bière bien sympathique au demeurant, si je la voit de nouveau dans le commerce, j'en prendrais une afin de la gouter jeune. Sans rien avoir d'extraordinaire, la pilaaaaaaaarbijter reste une bonne brune, agréable à boire, avec du caractère et surtout, du goût.

Il y a aussi cette petite anecdote sur son nom, issu d'un tableau du peintre Pieter Brueghel l'ancien, qui met en image l'expression flamande "pilaarbijter", signifiant littéralement "mordeur de colonne", et servant à dénoncer l'hypocrisie de quelqu'un. D'où cette étiquette assez surprenante.

Le seul inconvénient d'une telle bière aussi vieille, refermentée en bouteille, c'est qu'elle expose un dépôt absolument dégueulasse au fond, un dépôt bien accroché, totalement opaque, ce genre de dépôt qu'on a pas envie de décoller pour le déguster dans un shooter. Un truc qui ressemble plus à du ciment qu'à de la levure. Voilà, c'était juste pour vous mettre en garde, pas de quoi vous affoler, vous pouvez boire votre Jupiler tranquille.