Review cheezybeer aujourd'hui, avec un accord parfait entre la bière de l'abbaye de Maroilles et des crêpes ... au maroilles !
L'important est de commencer à préparer un bon carnage dans une poêle, c'est la base de tout, le fromage doit être bien fondu, sinon il est moins bon, et s'il est moins bon, c'est forcement dommage. N'hésitez donc pas à laisser mijoter le plat plus que de raison sans vous soucier de l'odeur qu'il dégage, car il ne faut surtout pas oublier que cela fait partie intégrante de l'ambiance que vous mettrez dans la pièce et qui vous permettra d'optimiser la dégustation de votre repas. Ensuite, versez l'abbaye de Maroilles dans un verre au look médiéval, ou presque, et le tour est joué.

Nous dégustons là une bière libérant des arômes très acides se rapprochant plus d'un nez de cidre, dégageant aussi de l'alcool en quantité suffisante pour pouvoir le sentir, et un côté fruité prometteur. Cette bière affiche une belle couleur d'un blond absolument parfait avec une transparence légèrement troublée. En bouche, c'est une lourdeur toute relative qui surprend agréablement, des saveurs puissantes qui se répandent sur la langue, une amertume étonnante, différente des autres bières, plus profonde, un peu mielleuse de par son épaisseur et son petit côté sucré mais qui n’écœure aucunement. C'est une bière souple, pleine de rondeur qui accompagne parfaitement un plat au maroilles grâce à ces contrastes sucré-salé, chaud-froid et douceur-agressivité.
Et pourtant je ne suis vraiment pas certain que là était le but des brasseurs de cette abbaye de Maroilles qui, avant d'être un fromage mondialement célèbre, est avant tout une "ville du sud du nord" comme j'aime à la dire. Car même si le nom trahi un fromage fort bon, ce n'est pas pour ça que la bière, issue d'une petite brasserie des environs, allait, elle aussi, régaler son petit monde à l'unanimité. C'est surement en voulant simplement faire une bière de type abbaye, qu'ils l'ont ainsi nommée en reprenant le nom de celle qui était la plus proche ou la plus libre de droit, et pourtant le résultat est sensiblement différent des autres bières d'abbayes plutôt lourdes qu'on a l'habitude de consommer, comme s'ils avaient voulu se démarquer, mais dans quel but ?
Bien sur, ils devaient cependant se douter que la comparaison avec l'illustre fromage aurait lieu, et il fallait donc pouvoir faire bonne figure en ce cas là. Hé bien c'est plutôt réussi, le rinçage entre les bouchées est un plaisir chaque fois décuplé, la légèreté bienheureuse de cette bière permet facilement de la boire en mangeant, sans sentir son ventre descendre de 10 centimètres à la moindre gorgée. Maroilles fondu et bière de Maroilles se mélangent généreusement et intelligemment, l'un appelant l'autre, qui à son tour appelle le premier. Les réponses arrivent du tac-au-tac. Au salé qui dessèche, je t’envoie un doux compromis de sucre liquide ; à l'amertume et l'alcool des 8,3 % composant la bière, je réplique par un fondant emplissant l'entièreté de la bouche, et, moelleusement, je viens caresser les papilles avant de, une nouvelle fois, lancer mon attaque salée, faisant tendre irrémédiablement le bras vers ce verre providentiel gorgé d'un blond liquide qui devient ma priorité du moment, anticipant qu'un retour de bâton n'inverse les rôles une énième fois.
Ma note : 8/10
La surprise est de taille ! Je m'attendais plutôt à une bière française tentant vainement de plagier les abbayes belges comme beaucoup d'autres avant elle, et je vous avoue d'ailleurs l'avoir acheter uniquement pour sa consonance fromagère. Évitant habituellement les bières belges dites d'abbaye, proposant souvent un breuvage bas de gamme, soit trop alcooliser, soit trop lourd, et parfois les deux, vous imaginez bien que je fuis ce genre de bière lorsqu'elle à en plus le malheur d'être française. J'aime certes les bières artisanales françaises et la Kœnigsbier (qui est ma Carapils à moi, incluant autant de souvenirs (et d'oublis) que pour Bolo) mais les pseudos bières d'abbaye, bof bof.
Hé bien pour la Maroilles, il en est tout autre. Peut être est ce de l'avoir mariée avec un plat composé à 75 % de maroilles merveilleusement fondu, un peu saisi comme brulé au fond de la poêle, et liquide, en phase d’ébullition avancée, au dessus. Toujours est-il que cette bière est excellente, quoiqu'un peu trop alcoolisée peut être. Mais remplacer la lourdeur par du fruité est quelque chose que je salut.

Mais epic-trop-lol-lol !
La priorité pour moi, c'est d'avoir une cave creusée sous une piscine pour qu'elle soit isolée du feu.
J'y ai déjà pensé, c'est mon rêve, et le fond de la piscine serait une fat vitre pour que la lumière traverse l'eau et fasse de superbes reflets dans la cave car j'y mettrais des canapés en cuir pour déguster mes bières qui ne pourront pas bruler tout en matant les biatches qui font des longueurs à la brasse par en dessous.
Ou par exemple quand elles font de la natation synchronisée, voyez ? Des grands écarts dans l'eau et tout ça... Enfin c'est mon côté artiste qui s'égare.
Et ça pourrait aussi faire office de bunker anti-atomique au cas où. Car avec mes réserves de binouzes, j'ai de quoi tenir un siège !!!
Mais tout ça c'est oublier qu'on a fait une review de ouf samedi dernier dans un bar glauque sur le territoire belge :
Bolo : Oh putain, il y a des Vieux temps, on prend tous des Vieux temps et on fait une fat review !!!
Booyah : Oula, bon ok on fait ça...
Petzi : Euuuh...
Pépito : C'est quoi ça la Vieux temps ?
Bolo : Mais c'est une ambrée trop bonne, faite à Brunehaut.
Booyah : Ambrée oui mais pas faite à Brunehaut, ça fait parti d'AB-InBev, c'est tout classique, mais pourquoi pas une review.
Petzi : Ouai bon allez ok.
Pépito : Bon ba alors ok.
Les 4 Vieux temps arrivent...

Pépito : Assez neutre hein.
Bolo : Ouai en fait ouai, mais j'ai pas d'avis pour l'instant.
Pépito : Ba c'est une pils ambrée quoi.
Petzi : Naaan plus d'amertume.
Pépito : Ya pas d'amertume là dedans !
Booyah : De l'amertume d'ambrée quoi.
Bolo : Arrête de nous sortir le mot amertume à toute les sauces Jean, tu n'y connais rien.
Petzi : Alors c'est quoi ... ce goût de carton héhéhé ?
Bolo : C'est le fond du fut qui est fort métallique.
Booyah : C'est leur verre qui goute le savon, comme ça elle est fruitée au Paic.
Pépito : Elle a cet effondrement caractéristique de la Jubilaris.
Booyah : Ouai, et des bières de merde !
Bolo : En fait elle est dégueulasse !
Petzi : Elle a pas un goût de réglisse ? Ya pas un truc de réglisse là dedans ?
Booyah : Pardon Jean ?
Pépito : Il a dit : "du réglisse" !
Petzi : J'assume complètement ce que je viens de dire !
Bolo : Jean-François confond avec le goût de la Vaseline qu'il a l'occasion de gouter très régulièrement.
Petzi : Ça a l'goût de réglisse, j'vous l'dit moi !
Booyah : Bon cette review est terminée sur un échec !
Petzi : Booyah t'en penses quoi ?
Booyah : J'en sait rien.
Bolo : Elle a pas de goût en fait.
Pépito : Voilà c'est ça hein. C'est un liquide bulleux, légèrement alcoolisé.
Bolo : Voilà quoi, elle a vraiment aucun goût quoi.
Booyah : Bon une note là, une note allez vite !
Bolo : Euuuh, péniblement 1/10.
Pépito : 3.
Bolo : 3 ???
Pépito : Mouai, ouai.
Bolo : Franchement j'prends plus de plaisir à boire une Carapils quoi, j'veux dire, au moins ça m'évoque des souvenirs de beuveries et tout ça.
Pépito : Ba si tu veux hein, mais moi ouai, c'est 3 quoi ... allez 2, 2 ... 2.
Petzi : Moi j'trouve qu'elle a un goût ... mais j'aime pas huhuhu, j'vais donner 1, pareil. J'aime pas l'réglisse !
Pépito : Et toi ? Mais Booyah il surnote hein.
Booyah : 3,5 hohoho.
Petzi : Qu'est ce qui doit être zéro alors ?
Bolo : De l'eau !!!
Heureusement après ça nous avons sauvé la soirée en buvant des Trappe Quadrupel pression du plus bel effet.
Ce soir, c'est au tour de l'autre Quadrupel de passer à la casserole : la Gulden Draak 9000

Et elle commence par une couleur marron, très marron, foncée même, et bien trouble, il n'y a pas de lumière qui passe, ah ça non, rien de rien, et une mousse aussi épaisse qu'une barbe de viking, ça promet de la violence barbare et destructrice, surtout avec ses 10,5 % d'alcool affiché comme un argument de vente sur cette bouteille entièrement dark et opacifiée.
Et cette odeur qui se dégage, très présente, des vapeurs d'alcool pur à base de lourdeur ambiante mélangées avec un semblant de céréales discret, d'arôme multiples qui semblent bien équilibrés entre fruité et floralité.
Et pourtant son goût est doux, les bulles picotent légèrement la langue tandis que l'alcool picotille le fond de la gorge, la sensation est forte agréable, l'amertume d'une douceur sans égale, la progression en bouche est remarquable, cette bière flotte comme un drakkar remontant la seine par à peine 2 mètres de fond. Cette quadrupel n'échange quasiment aucune ressemblance avec celle de La Trappe, c'est une bière absolument différente, moins brune, plus claire avec sa pointe d'acidité, plus fruité aussi, plus ronde en bouche, mais par contre, avec exactement la même monté de bourrachage dés la 4ème ou 5ème gorgée, il fait chaud, on se dessape et on se demande comment la dégustation va se finir, parce que parti comme c'est parti, alors qu'il en reste les 2/3 du verre + un fond dans la bouteille avec les levures qui décantent, ba j'vous raconte pas comment j'le sens mal, c'est d'ailleurs pour ça que je lance un bon titre hard-core-trash-métal sur youtube, ça devrait me détendre un peu...
Ma note : 9/10
Voilà, je suis bourré, j'étais à jeun, j'me suis bien fait avoir encore une fois par ces liquides belges dont la malsainitude n'a d'égale que leur maitrise de la chose. Cette bière est vraiment bonne, mais je tiens à préciser pour tous les médisants que j’entends d'ici hurler "ouuuuhhh Booyah il surnote, il a pas le droit de mettre un 9 parce que c'est la note qu'il a mise à La Trappe lors de sa première review et que c'est le must alors il à pas l'droit", hé bien en fait ma Gulden Draak 9000 se périme dans 48 jours, elle est donc à maturation parfaite, alors vous aussi faites en vieillir une et goutez la dans 2 ans, vous verrez, c'est bon !
En fait vous avez raison, je m'en veut, j'ai envie de lui retirer un point mais elle est vraiment bonne donc je me dit que pour justifier ce point bonus outrageant qui la rend égale de la reine Trappe Quadrupel, hé bien je trouve que sa mousse qui tient constamment sur au moins 2 millimètres et qui trace de superbes spirales lorsqu'on tournoi la bière dans le verre est un gage de qualité esthétique à nul autre pareil !!!
Une nouvelle bière vient juste de sortir, il était évident qu'elle ferait saliver Pépito puisque il s'agit de La Trappe Jubilaris.

Pépito : PUUUUU ... TAIIINNNNNN
Booyah : Ouai, c'est pour célébrer les 25 ans de l'entrée dans les ordres du moins Bernardus de Koenigshoeven, du coup il a mélangé ses deux Trappes préférés, la dubbel et la Isid'or.
Pépito : Mélangé ?
Booyah : Ouai enfin une sorte de recette adaptée quoi, mais la Dubbel est la Trappe que j'aime le moins, alors que la Isid'or est une de mes préférées.
Pépito : La couleur est très Quadrupel, rouge rougeoyante.
Booyah : Belle mousse épaisse très marron. Très belle couleur.
Pépito : Oula, bizarre, pleine d'arômes et puis plus rien.
Booyah : Ah ouai, grosse entrée de bouche qui s'effondre vite.
Pépito : Oui elle est pleine qu'au début.
Booyah : Elle n'a aucune tenue.
Pépito : Tu sens des choses et puis ... pfuit
Booyah : Il ne faut surtout pas l'avaler en fait.
Pépito : C'est ça, faut faire glouglouglou.
Booyah : Il faut peut être la recracher ?
Pépito : 6 degrés, hum.
Booyah : En fait après il ne reste que l'amertume, elle est très sèche.
Pépito : C'est vrai, il faut en boire tout le temps.
Booyah : On ne sent pas le sucre de la Dubbel.
Pépito : Pourtant au nez on sent le sucre, enfin, on le sentait. Un semi-échec, peut être qu'on l'a bue trop froide.
Booyah : Un goût de banane tient.
Pépito : Moi je sens la vanille ... lol, allez je t'accorde la banane.
Booyah : Elle assèche vraiment.
Pépito : Je suis pas fan, c'est con parce que une nouvelle Trappe quoi, avec une belle étiquette.
Booyah : Toute l'étiquette est en anglais.
Pépito : Ba ouai, ils peuvent vendre ça qu'à l'export !
Booyah : Putain il en reste beaucoup, fait chier !
Pépito : En la dégazant elle est mieux.
Booyah : Elle tombe sur le bide cette bière.
Pépito : Mais ouai, elle est trop gazeuse.
Booyah : Mouai, elle se dégrade en réchauffant je trouve.
Pépito : lol, bon, une note.
Booyah : Ouai, vite avant qu'elle ne devienne négative.
Pépito : Mais c'est une Trappe donc je vais pas trop saquer : 4/10
Booyah : Ah quand même...
Pépito : Mais toi tu sur-note aussi.
Booyah : Hum, ça n'a rien d'exceptionnel.
Pépito : Plus envie de boire.
Booyah : Ouai, c'est mauvais.
Pépito : J'arrête l'alcool !
Booyah : lol, bon, hum, Jubilaris fu fu fu...
Pépito : Jubilaris, 25 ans, donc ma vraie note 2,5/10
Booyah : Burp, pardon m'dame. Naaan, un fuuu 3/10, elle fou la gerbe !
Pépito : Fuuu
Booyah : Oui, c'est, c'est, c'est raté, et en plus elle a la couleur des mèches de cheveux de l'autre tache dans Dikkenek maintenant qu'elle est trouble.
Pépito : C'est triste !
Booyah : Désolé...
Une petite curiosité belge de plus, la Villée, bière aromatisée à l'eau de Villée, un spiritueux belge à base de fruits dont le goût dominant est celui du citron.

C'est donc une très forte odeur de citron qui s'échappe de la bouteille et la troublitude de cette bière laisse penser qu'il s'agit d'une blanche, ce qui n'est mentionné nul part. Mais ça tombe bien, le citron s'accorde merveilleusement bien avec la bière blanche. La première impression, bien qu’inattendue, est donc assez bonne.
En bouche, c'est beaucoup d'acidité qui monte d'un coup, du citron en veux tu, en voilà, un lointain goût de limoncello - alcool italien de citron - mais sans subir la puissance alcoolique de ce digestif puisque cette bière ne titre que 5,9 %. On a plutôt l'impression d'avoir affaire à un arôme semblable à ceux qu'on trouve dans les chocolats contenant de la liqueur. Mais le côté amer de la bière reprend ensuite ses droits dés qu'on avale sa gorgé, et heureusement car le citron écœure un peu par sa trop grande présence.
Ça n'a rien à voir avec une bière aromatisée au citron, on sent vraiment qu'il s'agit d'une bière aromatisée à l'alcool de citron, la nuance est claire, mais je conseille quand même de la boire en été car sa légèreté et son fuité dégageront beaucoup plus de bonheur lors d'une chaude journée. Par exemple entre la sieste et le BBQ.
Ma note : 5/10
La moyenne seulement car ce n'est pas franchement le genre de bière que j'aime, mais la moyenne quand même car elle a un réel potentiel lorsque la différence de température entre la bière et l'air ambiant atteint les 30°. Çà ne me donne pas envie de goutter l'eau de Villée au citron, mais je crois savoir qu'ils ont d'autres produits dans leur gamme...
La nouveauté de la rentré pour cette review : L'experte de la brasserie Castelain de Bénifontaine, célèbre pour sa Ch'ti.

Il s'agit donc d'une triple au nom des plus prétentieux et à la couleur magnifiquement cuivrée poussant pratiquement vers des nuances franchement ambrées.
L'odeur bien présente laisse entrevoir une bière savoureuse et la première gorgée expose une palette de saveurs classiques mais puissante, une amertume très présente mais qui reste maitrisée, un goût profond de céréales dont la déglutition fait remonter une forte sensation de whisky après l'avoir gardée longtemps en bouche, tout en restant parfaitement rafraichissante.
C'est donc une bière costaude destinée aux amateurs avertis, comme si les brasseurs avaient créé un accord parfait en mélangeant une Maltesse et une Ch'ti triple. Deux valeurs sures s'il en est. C'est à découvrir !
D'ailleurs vous la trouverez facilement à Auchan puisque ce sont les spécialistes bières de cet acteur majeur de la grande distribution qui l'ont conçu en collaboration avec la brasserie Castelain.
Ma note : 7,5/10
Délicatement sucrée et alcoolisée, puissante et rafraichissante, cette bière se destine aux experts comme vous et moi.
Et je lui pardonne volontiers sa petite agressivité en fond de gorge car ce n'est pas tous les jours qu'une nouveauté avec un nom à la con se révèle être une bonne surprise.
Mais toutefois, le souvenir ému de sa Ô combien très belle couleur et de sa totale limpidité me pousse à lui offrir 1/2 point bonus !
Ma vraie note : 8/10